Dans le vacarme de nos sociétés modernes, où les promesses se dissipent aussi vite que les ombres au matin, le mot engagement se tient, discret mais inébranlable, comme un rocher dans le tumulte des flots. Il ne séduit pas par son éclat ; il ne flatte pas les vanités passagères. Et pourtant, il est l’un des fondements invisibles sans lesquels aucun édifice humain ne peut perdurer.
S’engager, c’est l’acte grave et lumineux par lequel un être humain se lie à quelque chose de plus grand que lui : une idée, une cause, une communauté, une vérité. C’est refuser la légèreté cynique de celui qui ne croit plus en rien. C’est se tenir debout, même lorsque l’indifférence se fait norme et que le confort devient idole.
L’engagement est le contraire de la passivité, de cette torpeur contemporaine qui anesthésie les consciences. Il est un sursaut d’âme. Il est flamme intérieure. Il est ce moment secret où l’être choisit de ne plus se regarder vivre, mais d’habiter son existence, pleinement, courageusement, parfois douloureusement.
La constance dans l’épreuve, la fidélité aux valeurs, le dévouement sans calcul, le silence de l’action quand d’autres se perdent dans les bavardages – c’est s’engager, c’est se risquer à déplaire, à perdre, à échouer — mais préférer ces risques à la stérilité de l’inaction.
Dans une société qui glorifie l’instant et le zapping, l’engagement enseigne la durée, la profondeur, la construction. Il forge des hommes et des femmes reliés, non emportés. Il fait naître non des consommateurs d’idéaux, mais des serviteurs de sens. Il est à la fois promesse et présence, acte et trace.
L’engagement n’est pas une simple décision volontaire. Ce n’est pas dire « je veux », c’est dire « je me lie », en conscience et en liberté. L’engagement est une alliance intérieure. Il est cette voix qui dit : je tiendrai, même quand il ne sera plus aisé, même quand il ne sera plus glorieux, même quand il ne sera plus commode de tenir.
Il suppose une éthique de la parole donnée, un sens de l’honneur, une noblesse d’âme. Car s’engager, c’est inscrire son propre nom dans la continuité d’une œuvre, dans la persévérance d’un combat, dans la durée d’un service. C’est refuser de se dissoudre dans l’opinion mouvante. C’est dire : « me voici », lorsque d’autres s’éclipsent.
L’engagement est une manière d’habiter le monde avec verticalité. Il réclame de la lucidité, mais aussi une forme de ferveur. Il ne tolère ni tiédeur, ni hypocrisie.
Il est l’empreinte des êtres de parole et d’action, des bâtisseurs de ponts, des semeurs d’avenir.
Une franc-maçonne du Grand Orient De France
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